Oviparité / Viviparité

Oviparité

Oviparité: ponte d’oeufs fécondés ou non fécondés et dont le développement embryonnaire se termine hors de l’organisme maternel

L’oviparité est traditionnellement considérée comme le mode ancestral de la reproduction des squamates (Shine & Bull, 1979; Shine, 2014). La multitude d’origines, la coexistence de l’oviparité et de la viviparité au sein d’un même clade soulèvent des questions quant aux forces sélectives qui se cachent derrière la transition entre les modes de reproduction.
Les serpents ovipares conservent généralement leurs œufs jusqu’à ce que les embryons atteignent le quart de leur développement, les femelles sont ainsi libérées des contraintes de reproduction sur l’apport énergétique après la ponte.
Une grande partie du développement des œufs se produit dans l’oviducte de la femelle avant la ponte. L’ovaire libère un ovule par l’ostium dans la région antérieure de l’oviducte, appelée infundibulum. Immédiatement, les sécrétions de l’oviducte recouvrent l’œuf. Une fois que l’oeuf se déplace dans l’utérus, la production de coquille d’oeuf commence par des fibres sécrétées par les glandes muqueuses utérines. L’œuf gesté sort de l’utérus et traverse l’ouverture cloacale de l’oviducte par des contractions musculaires rythmées. Certains femelles gravides se prélassent avec leurs ventres vers le haut avant de pondre des oeufs, probablement pour réchauffer leurs tractus de reproduction. La couleuvre pond des œufs successivement en grappe et les œufs adhèrent les uns aux autres. Cela donne aux œufs une position statique jusqu’à ce qu’ils éclosent, car le retournement des œufs ou le déplacement accidentel menace la survie des nouveau-nés.

Grappe d'oeufs
Grappe d’oeufs

Source: Wick Grange Farm


Certaines espèces abandonnent leur oeufs après les avoir sorti alors que d’autres vont ensuite les couver durant 50 à 60 jours tout en compensant une température constante soit par recouvrement des oeufs et/ou par friction des écailles, faisant varier la température corporelle de la femelle. Les Ophiophagus hannah (Cobra royal) sont les uniques serpents à créer leur nid par des déplacements concentriques en afin d’y déposer leurs oeufs alors que les autres espèces déposent leurs oeufs dans l’endroit qui leurs semblent le plus adapté.
ovipare
ovipare

source: odysseesciences.wikispaces.com


 

Viviparité

Viviparité: développement du zygote dans une matrice spécialisée et recevant des apports nutritifs

On pense que la viviparité a évolué indépendamment dans au moins 30 lignées de serpents (Shine, 1985) et dans plus de 100 lignées de squamates (Shine, 1985, 2005, Blackburn, 2006, Sites et al., 2011, mais voir Pyron & Burbrink , 2014, qui a suggéré une origine précoce de la viviparité).
L’hypothèse dominante est que la viviparité chez les squamates a évolué comme une adaptation à un climat froid (Packard, 1966, Tinkle & Gibbons, 1977, Shine, 1983, voir une revue historique dans Shine, 2014). Selon cette «hypothèse du climat froid» (Shine, 1983), les embryons conservés dans le corps d’une femelle bénéficient de températures plus chaudes que les œufs exposés, ce qui diminue la susceptibilité de mortalité due aux basses températures (Shine, 2005).
Les sites de nidifications adéquats sont rares dans les climats froids (Neill, 1964, Shine, 1985), cela incite de garder les œufs à l’intérieur du corps de la femelle.
Bien que les espèces vivipares soient réparties dans le monde entier, elles constituent une plus grande proportion de la faune à des latitudes et à des altitudes plus élevées (Greene, 1970, Tinkle & Gibbons, 1977, Shine, 1985, 2005, Blackburn et Stewart, 2011). De plus, les espèces vivipares ont tendance à se produire dans les climats plus froids par rapport à leurs proches parents ovipares (Shine & Bull, 1979; Shine, 1987). En Israël, par exemple, l’habitant du climat méditerranéen Daboia palaestinae est ovipare alors que son proche parent, Montivipera bornmuelleri, que l’on trouve seulement dans les climats froids à haute altitude sur le mont Hermon, est vivipare.

Les reptiles vivipares ne sont pas limités aux climats froids. En effet, Tinkle & Gibbons (1977) ont démontré que certaines régions chaudes, comme les tropiques d’Amérique du Sud, abritent plus d’espèces vivipares que certaines régions froides. Ainsi, la température en soi (ou latitude et élévation) ne peut pas expliquer uniquement l’évolution de la viviparité chez les squamates. Ils ont également suggéré que la rétention des œufs permet à la femelle de pondre lorsque les conditions environnementales sont optimales.

En accord avec cette hypothèse, la viviparité est la plus adaptative dans les régions de climats imprévisibles (dorénavant «l’hypothèse de la prévisibilité climatique»), plutôt que dans les climats froids (Shine, 2014). Cette hypothèse a cependant rarement été testée (Shine, 2014, mais voir Shine, 2002). Shine (1995, 2004) a suggéré que l’avantage de la viviparité est masqué par la capacité de la femelle à fournir des températures constantes, et pas nécessairement plus chaudes, à l’embryon. Ceci, à son tour, influence le phénotype de la progéniture, et est ainsi appelé «l’hypothèse de manipulation maternelle» (ou «l’hypothèse de plasticité phénotypique», Shine, 1995, voir Shine, 2004, Webb et al., 2006). Li et al., 2009). Ceci est avantageux dans les environnements froids et chauds, mais la majorité est probablement plus présente dans les environnements instables. Parce que la capacité de la femelle à fournir une température constante peut jouer un rôle majeur dans les environnements instables, l’hypothèse de manipulation maternelle prédit le même résultat que l’hypothèse de la prévisibilité climatique, en ce qui concerne la variabilité climatique.

vivipare
vivipare

Source: dinosauriens.info


 
 

Sources
Natural history of reptilian development: Constraints on the evolution of viviparity – Robin M. Andrews, Tom Mathies, (2015)

The geography of snake reproductive mode: a global analysis of the evolution of snake viviparity – Anat Feldman, Aaron M. Bauer, Fernando Castro-Herrera3, Laurent Chirio, Indraneil Das, Tiffany M. Doan6, Erez Maza, Danny Meirte, Cristiano de Campos Nogueira, Zoltán Tamás Nagy, Omar Torres-Carvajal, Peter Uetz and Shai Meiri, (2015)

Early origin of viviparity and multiple reversions to oviparity in squamate reptiles – R. Alexander Pyron* and Frank T. Burbrink, 2014

sciencing.com