Intérêt biomédical

Introduction

Souvent incompris, et par conséquent détestés, les serpents représentent bien évidemment comme tout prédateur un intérêt écologique important. Sans eux, la prolifération d’espèces invasives comme les rongeurs deviendraient une source de problèmes de santé bien plus grande que celle représentée par les serpents. Au delà de ça, les espèces venimeuses sont non seulement étudiées en vue de fabriquer des sérums, mais également pour créer des médicaments contre certains problèmes de santé. Les résultats mènent encore régulièrement à des impasses, mais la recherche reste néanmoins sur la bonne voie, la difficulté étant de passer d’une goutte de venin sur une cellule malade à un médicament facilement productible et commercialisable en grande quantité. Malgré cela, nous pouvons citer différentes espèces dans différentes catégories.

 

Utilisation médicale à partir de venins:

Captopril (médicament)

Cet inhibiteur de l’ECA bloque l’enzyme de conversion de l’angiotensine dans le système rénine-angiotensine. Il abaisse la pression artérielle, aide en cas d’insuffisance cardiaque et réduit les risques d’infarctus et d’AVC.
Le peptide BPP5a («Bradykinin potentating peptide») contenu dans le venin du Bothrops jararaca, un serpent du Brésil dont le venin est anti-coagulant, a servi de modèle pour son élaboration. Le BPP5a en tant que tel n’était pas adapté pour être un médicament, car il est rapidement dégradé. Cependant, grâce à l’utilisation de certaines modifications, les scientifiques ont pu prolonger cet effet. Les recherches ont permis la mise au point d’antihypertenseurs dans les années 1970.
 

Le venin du Mamba (Dendroaspis polylepis)

Son venin neurotoxique est étudié en tant qu’anti-douleur plus efficace et sans les inconvénients de la morphine
 

Le venin du serpent corail (Micrurus)

Son venin neurotoxique est étudié pour soigner certaines maladies du système nerveux comme l’épilepsie, la schizophrénie ou les douleurs chroniques.
 

Le serpent à sonnette pygmée sombre (Sistrurus miliarius barbouri)

Son venin contient une Eptifibatide qui est un peptide conçu pour imiter la petite partie active de cette protéine du serpent. Il est utilisé comme agent anti-coagulation pour prévenir les problèmes cardio-vasculaires tels que les crises cardiaques, les syndromes coronariens aigus, ou les angines de poitrine en empêchant les plaquettes de s’agréger.
 

Trigonocéphale ou Grage commun (Bothrops atrox)

L’un des composés du venin peut se dériver en batroxobine qui agit directement sur un des composant, le fibrinogène, de la cascade chimique qui permet au sang de coaguler. Cette batroxobine induit ainsi la coagulation du sang. En raison de cette particularité unique, les médecins et les scientifiques l’utilisent pour obtenir des informations sur l’état du sang de certains patients, particulièrement si il y a des problèmes de coagulation.
La batroxobine est utilisée pour traiter divers troubles tels que les accidents vasculaires cérébraux, les embolies pulmonaires, les thromboses veineuses, les infarctus du myocarde et les saignements péri-opératoires.
Le bradykinine, un peptide trouvé dans le plasma sanguin des animaux infectés par le venin du serpent, permet aux vaisseaux sanguins de se dilater et à la tension artérielle de s’abaisser. La structure chimique du composé fut légèrement modifiée pour qu’il soit sans danger et puisse être utilisé en tant que médicament, le Captopril.
 

Les vipères des pyramides ou échides (Echis carinatus)

Le venin anticoagulant de cette espèce est utilisé dans la fabrication de plusieurs médicaments:

Echistatine

L’un d’entre eux s’appelle l’échistatine, c’est un anticoagulant et un puissant inhibiteur de la résorption osseuse. Bien que beaucoup d’autres venins de serpent contiennent des toxines similaires, l’échistatine est non seulement particulièrement puissant, mais aussi simple en structure, ce qui le rend facile à reproduire. En effet, il est obtenu en purifiant le venin mais aussi comme un produit de synthèse chimique.
 

Ecarine

Un autre médicament fabriqué à partir du venin de E.carinatus est l’écarine. L’écarine est une enzyme extraite du venin du serpent qui est le réactif primaire dans le test écarine du temps de coagulation, qui est utilisé pour surveiller le taux de coagulation lors du traitement à l’hirudine, un autre médicament anticoagulant initialement isolé à partir de la salive de la sangsue.
 

Tirofiban

Tirofiban est un médicament antiplaquettaire dérivé d’une protéine anti-coagulation trouvée dans le venin du serpent. Il bloque le même récepteur qui joue un rôle important dans l’agrégation des plaquettes que le médicament éptifibatide. Tirofiban est indiqué pour réduire le taux d’événements cardiovasculaires thrombotiques chez les patients avec un syndrome coronarien aigu avec des élévation non-ST.
 

Antalgique / Douleurs chroniques

  • Crotalus durissus terrificus
  • Dendroaspis polylepis
  • Micrurus sp
  • Naja atra
  • Ophiophagus hannah

 
Sources:
RUPPELT, Bettina M., PEREIRA, Edna FR, GONÇALVES, Lilia C. et al. Pharmacological screening of plants recommended by folk medicine as anti-snake venom: I. Analgesic and anti-inflammatory activities. Memórias do Instituto Oswaldo Cruz, 1991, vol. 86, p. 203-205.

MANCIN, Adriana C., SOARES, Andreimar M., ANDRIÃO-ESCARSO, Silvia H., et al. The analgesic activity of crotamine, a neurotoxin from Crotalus durissus terrificus (South American rattlesnake) venom: a biochemical and pharmacological study. Toxicon, 1998, vol. 36, no 12, p. 1927-1937.

DOS SANTOS, Gisele Graça Leite, E SILVA, Luciana Lyra Casais, SOARES, Milena Botelho Pereira, et al. Antinociceptive properties of Micrurus lemniscatus venom. Toxicon, 2012, vol. 60, no 6, p. 1005-1012.

KOH, D. C. I., ARMUGAM, A., et JEYASEELAN, K. Snake venom components and their applications in biomedicine. Cellular and Molecular Life Sciences CMLS, 2006, vol. 63, no 24, p. 3030-3041.

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MARKLAND, Francis S. et SWENSON, Stephen D. Applications of snake toxins in biomedicine. Venom Genomics and Proteomics, 2016, p. 393-424.
 

Cancer

  • Agkistrodon contortrix
  • Agkistrodon contortrix laticinctus
  • Agkistrodon halys
  • Agkistrodon piscivores
  • Bitis arietens
  • Bothrops colombiens
  • Bothrops Pauloensis
  • Bothrops jararaca
  • Bothrops moojeni
  • Bungarus multicinctus
  • Callesolelasma rhodostoma
  • Cerastes cerastes
  • Crotalus atrox
  • Crotalus adamenteus
  • Crotalus durissus terrificus
  • Daboia Russelii siamensis
  • Deinagkistrodon acutus
  • Echis carinatus
  • Eristicophis macmahomi
  • Gloydius saxatilis
  • Laticauda semifasciata
  • Macrovipera lebetina transmediterranea
  • Naja kaouthia
  • Naja haje
  • Naja naja
  • Naja nigricollis
  • Pseudonaja textilis
  • Ophiophagus hannah
  • Oxyuranus scutellatus combiné à Echis carinatus
  • Sistrurus miliarus barbouri
  • Trimeresurus flavoviridis
  • Trimeresurus stejnegeri

Sources:
CALDERON, Leonardo A., SOBRINHO, Juliana C., ZAQUEO, Kayena D., et al. Antitumoral activity of snake venom proteins: new trends in cancer therapy. BioMed research international, 2014, vol. 2014.

VYAS, Vivek Kumar, BRAHMBHATT, Keyur, BHATT, Hardik, et al. Therapeutic potential of snake venom in cancer therapy: current perspectives. Asian Pacific journal of tropical biomedicine, 2013, vol. 3, no 2, p. 156-162.

MARKLAND, Francis S. et SWENSON, Stephen D. Applications of snake toxins in biomedicine. Venom Genomics and Proteomics, 2016, p. 393-424.
 

Epilépsie

  • Micrurus sp

ROSSO, Jean-Pierre, SCHWARZ, Jürgen R., DIAZ-BUSTAMANTE, Marcelo, et al. MmTX1 and MmTX2 from coral snake venom potently modulate GABAA receptor activity. Proceedings of the National Academy of Sciences, 2015, vol. 112, no 8, p. E891-E900.

Hypertension

  • Bothrops jararaca (médicament disponible)

 

Schizophrénie

  • Micrurus sp

 

Parkinson

  • Naja kaouthia
  • Ophiophagus hannah

 

VIH-1

  • Trimeresurus (Viridovipera) stejnegeri

 
 

Sources:
ZHANG, Yu-Jie, WANG, Jian-Hua, LEE, Wen-Hui, et al.Molecular characterization of Trimeresurus stejnegeri venom L-amino acid oxidase with potential anti-HIV activity. Biochemical and biophysical research communications, 2003, vol. 309, no 3, p. 598-604.

MEENAKSHISUNDARAM, Ramachandran, SWENI, Shah, et THIRUMALAIKOLUNDUSUBRAMANIAN, Ponniah. Hypothesis of snake and insect venoms against Human Immunodeficiency Virus: a review. AIDS research and therapy, 2009, vol. 6, no 1, p. 25.

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